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Contribuer à l’ergonomie ou au graphisme dans un logiciel libre

lundi 27 octobre 2014, par RastaPopoulos

Dans un premier temps, cette page ne contient qu’une agrégation de choses que j’ai écrites ailleurs, notamment sur Seenthis. Si un jour j’ai le temps, je mettrai en ordre et en forme mes idées…

http://seenthis.net/messages/123215#message123312

Les ressources en #ergonomie ?

Il y a beaucoup de dons de code ou de morceaux de code, mais peu de dons en ergo et graphisme. Il y en a, mais immensément moins. Donc pour la plupart des logiciels libres, l’ergo n’est pas toujours super.

Or pour un lecteur de flux en masse (suivre 5 flux c’est facile, en suivre 500...), c’est vraiment l’ergo qui fait que ça va attirer du monde.

http://seenthis.net/messages/123215#message123481

Ouais peut-être... mais je reste persuadé qu’un des points les plus importants qui différencie les deux reste le problème du temps, et donc souvent de l’argent.

Dans un projet d’une entreprise, payé par un client, un grand nombre de morceaux de code, s’ils sont génériques, peuvent être extraits du projet et redistribués en licence libre. Ainsi, de nombreuses entreprises privées peuvent contribuer au code. Autrement dit : les développeurs peuvent contribuer au libre sur leur temps de travail, et non pas juste chez eux sur leur temps libre.

Cela n’est pas, ou très rarement, le cas en ce qui concerne la conception d’interfaces et le graphisme, qui la plupart du temps sont propre à l’application du client, et ne peuvent pas être reversés en libre.

De plus, regardez les logiciels libres ayant des interfaces conçues par des gens dont c’est le métier : l’énorme majorité ce sont des choses payées par des entreprises (Canonical pour Unity, Acquia pour Drupal 7, etc), ou des grosses fondations ayant assez pour payer des ergo et graphistes à plein temps (Mozilla, etc). Et ce qu’ils redistribuent en libre, c’est quand ils savent qu’il y a un retour sur investissement pour eux (vendre et maintenir des Ubuntu, vendre des sites en Drupal). Bref : c’est de l’argent que ces compagnies investissent et non du bénévolat de gentils ergonomes dans leur grotte.

Pour revenir au lecteur de flux, on peut avoir facilement du code bien pour gérer des flux, lier des tags, etc, venant d’un mélange de devs faisant ça sur leur temps de travail et leur temps libre. Mais pour ce qui est de l’ergonomie (ce qui va faire que ça va être adopté par beaucoup), si une compagnie ou une grosse fondation ne voit pas l’intérêt de payer une équipe pour concevoir une super interface... Ou alors il faut copier l’existant (copier l’interface de google, copier l’interface de tel service propriétaire).

Ouais je suis un peu pessimiste, et je n’ai pas de solution magique pour arriver à « financer du temps » pour des ergonomes, assez long pour concevoir des interfaces bien faites (et oui je pense que ça se fait moins facilement en une soirée à l’arrache que du code fonctionnel, ne serait-ce que parce qu’il y a plus d’échanges avec les utilisateurs). Mais je ressens cela quand je regarde qui participe (et comment) aux logiciels libres dont je suis un peu la communauté.

Et c’est un problème intéressant à résoudre pour d’autres logiciels libres évidemment, en premier lieu #SPIP en ce qui me concerne (ergo de l’admin, graphisme des sites officiels).

http://seenthis.net/messages/123215#message123523

@touti, je suis convaincu que l’argent est un problème pour à peu près tout. Mais là je parlais dans le cadre de la manière dont on vit actuellement, dans notre société capitaliste industrielle, et de la manière dont les développeurs, ergonomes, et graphistes vivent au quotidien. Et dans ce cadre là, et bien si on veut que des logiciels libres aient des interfaces bien faites et jolies, il faut que des ergonomes aient le temps (long) de les concevoir. Donc pas uniquement gratuitement sur leur temps de loisir et/ou familial !

Pour que ça reste moins capitaliste (non-capitaliste étant exagéré), c’est-à-dire pas par appât du gain, il faudrait peut-être que ce soit dans des projets coopératifs et/ou publics. Soit financé par des collectivités (petites ou grosses), soit par du crowdfunding, soit un mélange des deux.

Personnellement, je me sens plus à l’aise quand je développe une fonctionnalité pour un organisme public (qui a de l’argent et du temps à investir pour du bien commun), que quand c’est pour une entreprise. Ce n’est pas l’idéal, mais je suis plus serein.

Après faut pas être dépendant de politiques ou de bureaucraties (cf spip-agora). Mais je pense qu’il y a moyen de le faire en bonne coopération avec les communautés libres : ça dépend de l’état d’esprit de la collectivité qui participe (est-ce pour se l’approprier ou pour vraiment fournir un truc utile à tous).

http://seenthis.net/messages/217752#message218129

Quand bien même on en trouverait et qu’illes seraient motivé⋅e⋅s, je continue de ne pas encore savoir ni comprendre quand est-ce que ces gens vont pouvoir contribuer à tel projet, mis à part sur leur temps personnel et familial. La question du #temps de contribution est pour moi essentielle.

Quand on est issu d’une culture geek, et que l’on fait surtout du code, il parait normal de contribuer à des projets aussi bien sur son temps de travail, qu’en dehors, la nuit, en mangeant des chips.

Lorsque l’on a pas cet état d’esprit, et que le soir ou le week-end [1] on préfère plutôt jouer avec son enfant, lire des livres, faire du vélo, cuisiner, jongler, militer ici ou là, et bien le SEUL moment où l’on peut contribuer à des logiciels libres c’est : sur le temps de travail salarié ou assimilé.

Et excusez-moi de la découverte, mais c’est d’ors et déjà ce qui se passe dans une grande partie (la plupart ?) des projets libres un peu gros, même en ne parlant que du code fonctionnel.

Or, pour quelqu’un qui ajoute un module fonctionnel, il est relativement facile de faire en sorte que cette fonctionnalité soit payée par des gens, tout en la publiant en licence libre une fois terminée, car une fonctionnalité est assez souvent générique, peut servir à d’autres.

En revanche, de-nos-jours-pour-l’instant, à peu près aucune entreprise ou collectivité ne va payer pour améliorer l’ergonomie d’un logiciel déjà existant. Elles vont payer pour leur charte graphique à elles. Elles vont payer pour l’ergonomie de leur site internet ou de leur module métier qui est unique et propre à elles.

Dans ces cas-là, les améliorations d’ergonomie, de lisibilité, de navigation, sont souvent le fait de francs-tireur⋅euse⋅s hyper-rares, qui parfois arrivent à trouver le temps de modifier l’UX d’un logiciel.
Mais ça veut dire qu’on ne compte que sur des exceptions, alors que pour le code fonctionnel beaucoup plus de monde arrivent à contribuer sans être geek, sans être étudiant, et sans nuire à leur vie sociale.

S’il est besoin, on peut essayer de donner des cas concrets. [2]


[1Je reprends ici la temporalité de la majorité, je sais bien que certains n’ont pas la même organisation du temps.

[2Mais ne serait-ce que dans #SPIP (forcément), on voit bien la différence entre corrections de bugs et ajouts fonctionnels d’un côté / amélioration générale de l’admin et refonte de la documentation-communication de l’autre.