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Vermicompostage

mercredi 29 février 2012, par RastaPopoulos

Cette prise de notes fait suite à un petit stage de vermicompostage d’intérieur avec des vers du genre Eisenia. Le but était d’apprendre leur mode de vie, leur alimentation, l’entretien des boites.

Identité

Les vers du genre Eisenia sont des lombrics de surface. Ils vivent au-dessus de la terre, ils sont plats et ne peuvent pas s’enterrer en profondeur. Par chez nous, on trouve essentiellement deux espèces : Eisenia andreï (rouge) et Eisenia fetida (orangé).

Surnom : ver de fumier, ver de déchetterie.

Il ne faut pas essayer de déterrer les vrais lombrics qui sont sous terre, ils ne sont pas du même genre et vivent très en profondeur.

Les vers n’ont pas d’oreilles, pas de nez, pas d’yeux. Juste une bouche. Ils respirent par les pores et sont recouverts d’un duvet qui leur sert de capteurs.

Le ver Eisenia a un gésier (comme les poules). Il digère en avalant aussi des matières non-organiques. Avant de finir en compost, ce qu’il mange est digéré sept à huit fois de suite, mais pas par le même ver. Un plus vieux mange, il chie, un plus jeune remange, etc. Toute une chaîne alimentaire se met ainsi en place sur plusieurs générations de vers.

Ce ver a 650 millions d’années, et en 30 ans l’homme l’a détruit. Et maintenant il y a un business et une marchandisation autour du ver : on peut acheter des vers, des livres sur le compostage, des boites soigneusement étudiées, etc.

Vie et reproduction

Il est hermaphrodite. Après accouplement, un anneau apparaît autour du ver avec un cocon contenant 7 ou 8 vers dedans.

Après la naissance, il lui faut attendre 3 mois pour pouvoir se reproduire.

Il vit entre 3 et 6 mois dans la nature, mais de 2 à 3 ans en hôtel 4 étoiles.

Eisenia craint les vibrations (frigo, machines) et la lumière.

Il ne dort jamais : il mange et se reproduit en continu.

Dans la nature, il est mangé par des araignées, des piverts, des pinces-oreilles, des sangliers.

À l’intérieur de la caisse, nous allons trouver d’autres animaux : des cloportes (gris, qui mangent du bois et de fleur), des collemboles (blanc).

Matériel

La caisse ne doit pas faire plus de 30cm de haut, les vers ne s’enterrent pas plus bas. Elle doit être aérée, donc avec des trous (non les vers ne s’échapperont pas).

Le bois n’est pas la meilleure matière car trop humide, ça s’abîmera trop vite. On peut récupérer des caisses en polystyrène, mais pareil ça ne dure pas très longtemps.

Le plus simple reste des caisses en plastique, solides, ça dure longtemps et ça se manipule facilement, pour ajouter des trous, les empiler, etc.

Organisation de l’élevage

On va prendre un carnet dédié à l’élevage de nos vers, pour noter tout ce qu’on met dedans, quoi et quand, y compris en pesant. Cela permet de comprendre le comportement des vers suivant ce qu’on leur aura donner à manger et de ne pas refaire les mêmes erreurs.

On apprend d’abord à garder les vers vivants.

On laisse la première caisse 3 mois sans bouger. Elle ne doit pas être à même le sol (sur une cagette par exemple). C’est un fumier, donc ça chauffe. Si on le met sur le sol il sera trop froid et les vers mourront.

Il ne faut pas bouger la caisse car cela casse le fumier qui se transforme alors en jus.

Température :

  • Moins de 5° : il meurt.
  • Moins de 10° : il ne mange plus.
  • Plus de 35° : il meurt.
  • Entre 17° et 23° : c’est la belle vie.

On peut mettre une sonde ou un thermomètre au milieu de la caisse.

S’il fait trop froid (gel) ou trop chaud (canicule), on ne touche plus à rien, on ne donne plus à manger. Une croûte se forme alors à la surface, et les vers se réfugient au centre du compost où la température est moins sujette aux variations.

Lorsqu’il commence à faire froid, on peut donner des aliments qui chauffent : les choux ou la tonte de gazon par exemple.

L’hydrométrie de la caisse doit être humide mais pas trempé, sinon il y a un problème.

La manipulation ne se fait jamais à main nue. Nos mains sont polluées (mauvaises bactéries, produits chimiques) et sont aussi beaucoup trop chaudes.

On regardera régulièrement sur les bords pour voir si ce n’est pas trop sec ou s’il n’y a pas trop de jus.

Régulièrement, environ tous les 3 mois, il faut vider la caisse afin de récupérer les vers et le vermicompost. On arrête alors de donner à manger pendant quelques temps puis, à la fin du troisième mois, on vide totalement la caisse. On fait alors des petits pâtés. Les vers se barrent au fond, et on se retrouve donc avec en haut le compost et en bas les vers.

Lorsqu’on re-remplit notre caisse, on ne met que la moitié de la population. En effet, le but est à la fois d’obtenir du compost mais aussi d’élever des vers pour qu’il y en ai plus sur Terre. Il faut donc réduire régulièrement la population pour les forcer à se reproduire. On pourra donner l’autre moitié à nos connaissances, ou se faire des amis si on en a pas.

Alimentation

Point important : il faut toujours avoir du papier et du carton sous la main.

Le papier journal est parfait, par exemple tous les torchons gratuits qui pullulent dans les rues (20 minutes, etc). Il ne faut pas de papier glacé ni de cartons avec trop d’encre dessus (pas de paquet de céréales du matin par exemple).

Pour éviter la pourriture, à chaque fois que l’on va donner à manger, on va couper les choses en morceaux et les mélanger au papier.

On enterre la nourriture et on met un grand carton sec tout au-dessus.

On peut donner du carton, du marc de café avec le filtre déchiré, la plupart des fruits et légumes, des cheveux, des ongles, des mouchoirs en papier avec morve, des fleurs fanés, du gazon...

Mais en vrai, Eisenia se nourrit des champignons et des bactéries qui poussent sur les matières organiques en décomposition.

Les vers sont très friands de vêtements ou toutes sortes de tissus : lin, coton, etc.

On va éviter les restes de pâtes, de riz, de haricots car :

  1. un aliment cuit est trop long à décomposer ;
  2. et surtout, le but est de faire un vrai compost riche en vitamines, or la cuisson détruit la plupart de ce qui pourra nourrir les plantes.

On ne donnera pas de matières animales : on élève des vers, pas des asticots !

Les coquilles d’œufs réduites en poudre, c’est bien pour le gésier.

On peut à la limite donner des miettes de pain, mais surtout pas de pain, de pizza, etc. En effet, le champignon du pain c’est... la pénisciline, qui est un vermifuge ! L’ail et l’oignon aussi.

Il ne faut surtout pas donner de yaourt, d’huiles, ou tout ce qui est liquide ou collant : le ver respire par les pores, s’il rentre dans ce genre de matières il mourra étouffé.

Problèmes

  • Jus
    C’est synonyme de sur-alimentation.
    1. Arrêter de donner à manger.
    2. Éponger avec un carton et le laisser (et pas du papier hein, du carton).
    3. Attendre 1 ou 2 semaines.
  • Sécheresse
    On va mouiller de longues bandes de papier que l’on va mélanger à la nourriture
  • Les vers se barrent
    Le compost est trop acide.
    On peut mettre de la chaux dolomitique à raison d’une cuillère à soupe par mois. Ou donner de la coquille d’œuf.
  • Vacances
    Les vers peuvent rester tous seuls pendant un mois. Ensuite on réalimente quand on rentre.

Utilisation

Le vermicompost se stocke dans des poches plastiques, dans le noir, pendant un an.

On peut couvrir 100m² avec 1kg de compost.

  1. Une petite boulette de compost,
  2. diluée dans 1L d’eau,
  3. environ 1 fois par mois.

Conclusion

On a toujours besoin d’un plus petit que soi !

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